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Chronique architecture et patrimoine
par Guylaine Hudon le 2019-09-26

Les lucarnes : pour habiter le comble

Ce mois-ci, nous poursuivons la présentation des éléments principaux des maisons anciennes du Québec et de L’Islet en explorant les caractéristiques des lucarnes. Ces ouvertures percées à même la toiture sont une des composantes centrales de l’architecture des maisons anciennes québécoises. Elles permettent à la fois d’éclairer et de ventiler le comble, de façon à rendre cet espace habitable.

La lucarne simple : le modèle le plus courant

La lucarne simple est utilisée dans la maison française et la maison canadienne, deux bâtiments semblables et très fréquents. Ce modèle de lucarne se résume à un simple cadre de fenêtre posé sur le toit, dont les côtés, appelés les joues, sont fermés par un mince mur et le dessus est coiffé d’un petit toit à deux versants. Les fenêtres sont généralement plus petites que celles des murs, mais restent légèrement plus hautes que larges dans la plupart des cas. Elles sont réparties symétriquement sur la façade, parfois en accord avec les fenêtres du rez-de-chaussée.

Ce modèle de lucarne a été imité dans des constructions modernes, mais peu respectent le style architectural des maisons anciennes. La construction d’une lucarne traditionnelle se faisant pratiquement toujours de la même façon, certains principes de conception sont devenus la norme. D’abord, la fenêtre doit être positionnée à la rencontre du haut du mur du rez-de-chaussée et de la toiture, avant le larmier. De cette façon, lorsque l’on regarde la bâtisse de côté, la fenêtre de la lucarne et le mur de la façade sont alignés verticalement. Cet emplacement engendre aussi que les lucarnes sont assises assez bas sur la toiture, contrairement aux maisons modernes où les lucarnes sont souvent vers le milieu de la hauteur. Le bas du cadre doit également être couché directement sur la toiture, la fenêtre ne devant pas être relevée artificiellement par un petit mur. En plus, de face, il ne faut voir que la fenêtre et son cadre, aucune portion de mur ne doit prolonger la largeur de la lucarne. Quant aux revêtements, les joues doivent être recouvertes du même matériau que la toiture, et non de celui des murs.

Les lucarnes des mansardes

Les toitures à mansarde étant fréquentes à L’Islet, ce modèle de lucarne est également bien représenté. Rappelons qu’une toiture à mansarde est constituée de deux pentes différentes : une très abrupte et une plus faible sur le dessus. Les lucarnes percent la mansarde, là où la pente est presque verticale. La construction et les règles architecturales à respecter pour la lucarne et sa fenêtre sont les mêmes que pour la lucarne simple. Les joues et le petit toit sont cependant beaucoup plus courts, puisque la toiture quasi verticale ne crée qu’un très petit espacement à couvrir à cet endroit.

Dans la maison mansardée, les lucarnes sont souvent ornementées, contrairement à la lucarne simple qui se limite à la petite fenêtre fermée par des joues et un toit. Le cadre entourant la fenêtre peut être travaillé, de même que la partie supérieure entre la fenêtre et le petit toit. Ce dernier n’est plus nécessairement à deux versants, il peut être arrondi ou peaufiné de différentes façons.

Autres modèles

D’autres modèles de lucarne existent, mais sont moins fréquents et plus récents. Par exemple, notons la lucarne rampante, où une large fenêtre allongée, ou une série de plus petites fenêtres, est couverte par un toit à un versant, de la même orientation que la toiture principale. Ce modèle convient bien à des toitures de faible pente. En plus, la lucarne triangulaire permet de supprimer les joues, mais ne fournit généralement qu’une petite fenêtre triangulaire. Cette liste n’est pas exhaustive, de nombreux autres modèles inspirés par les grands courants architecturaux provenant des États-Unis ou de la Grande-Bretagne sont possibles.

Le mois prochain, les différents revêtements extérieurs des murs des maisons anciennes de L’Islet seront présentés.

Tristan Morin

Un exemple parfait de lucarne simple sur une maison canadienne. Photo : Tristan Morin.


Une lucarne sur la mansarde du Musée Maritime du Québec, avec un cadre ornementé et un petit toit arrondi. Photo : Tristan Morin.






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