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Maison Dion
par Guylaine Hudon le 2023-01-02

Bonne année grand nez,

toi pareillement grande dent


La Bénédiction du jour de l’An. Illustration de Massicotte, Edmond-Joseph,

Collection du MNBAQ.


Au moment de la sortie du journal, il restera trois jours avant Noël. Plusieurs sont nostalgiques de celui de leur enfance. L’année de notre premier Noël à L’Islet, on se souvient d’avoir fait sonner des grelots en entrant dans la chambre de notre fille de deux ans et demi. Le Père Noël! Dit-elle. Il vient sûrement de passer… Alors, nous avons tous les trois sondé le ciel à travers la lucarne. Elle s’écria : Trop de nuages! À sa suite, nous avons dévalé l’esca-lier pour apercevoir les cadeaux au pied du sapin. Il faut dire qu’à Québec et à Montréal où nous avions grandis, la magie du Temps des Fêtes était orchestrée par le personnage du bon Père Noël. Tout ceci mis en scène par les grands magasins pour mousser la vente de cadeaux. Nous avons découvert au grenier des catalogues, preuve que loin des villes, la poste pouvait remplacer le traîneau du Père Noël. (Pour voir les deux côtés du miroir, lire la chronique Maison Dion dans Le Hublot de décembre 2021)

François : avant que le 20siècle n’en fasse une foire commerciale, Noël était une fête religieuse. La célébration commençait à l’église par la messe ou plutôt les 3 messes : une grand messe solennelle à minuit, suivie de deux messes basses.

Andrée : et c’est au Jour de l’An que ma mère, la cadette, recevait ses étrennes, le plus souvent un vêtement ou un accessoire utile; mais aussi tant attendus, une orange et des bonbons. Ravis, les enfants allaient, bien au chaud dans l’escalier de la cuisine, déguster les dragées, sucres d’orge et lunes de miel. L’orange si précieuse avait beaucoup voyagé : c’est la tante Lucie, sœur de leur père, qui en envoyait une caisse de Californie. Son mari ne lui avait-il pas offert une orangeraie en cadeau de mariage?

François : le Jour de l’An était l’occasion de grandes réunions avec la famille étendue autour d’un festin. On en profitait pour échanger des cadeaux mais surtout des nouvelles et des vœux.

Andrée : le moment le plus émouvant dont je me souvienne dans notre maison ancestrale est celui de la  bénédiction paternelle. Mon grand-père ému faisait la revue de l’année, les bons moments et les épreuves. Souhaitant le meilleur à toute la famille, se souvenant de ceux qui nous avaient quittés mais toujours présents par leurs faits et gestes ou par les objets et traditions qu’ils nous avaient légués.

François : je me souviens, après la mort de mon grand-père, comment ma grand-mère avait continué la tradition de bénir la famille avant le festin du Jour de l’An. Elle avait eu comme modèle sa mère, une femme d’affaires qui avait tenu une épi-cerie pendant de nombreuses années à Québec. C’est elle, nous contait mon père, qui importait des oranges de Floride : précieux trésor que la ribambelle d’enfants (une dizaine) recevait une fois par année.

Après les vœux de bonne année, on s’en souvient tous les deux, comme disait la chanson : C’est dans le temps du Jour de l’An, on s’donne la main, on s’embrasse… on oubliait rancunes et chicanes. Puisse la planète entière vibrer à ces harmonies, c’est ce que nous souhaitons à tous. C’est dans cet esprit que nous laissons flotter le drapeau de l’Ukraine dans le gazébo et comme l’an dernier, nous vous invitons à venir y faire une pause musicale. Nous y diffuserons des airs et chansons de  Noël et d’hiver. Bienvenue à tous!

Nous avons rêvé depuis la pandémie de réaliser une pléiade de nouvelles activités culturelles que nous vous présenterons à mesure que l’année se déroulera. Pour plus d’information :   418-247-5104 ou andreep1@telus.net

Andrée Pelletier et François Faguy




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