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Au pays dela teranga, mon expérience au Sénégal
par Guylaine Hudon le 2016-08-08

Au pays de la teranga, mon expérience au Sénégal

La teranga désigne avant tout un accueil chaleureux et inconditionnel. Mais au-delà de l’accueil, c’est aussi une conviction profonde que si une bouche peut être nourrie, mille autres peuvent l’être.

Ce sont exactement 75 jours que nous avons passés sur le continent africain. 75 jours de chaleur. Or, ici je ne pense pas au mercure, mais plutôt à l’énergie qui se dégage de chacun.

Grâce à l’organisme québécois Mer et Monde, l’hiver dernier j’ai eu la chance de vivre, avec sept autres Québécois, un stage en agriculture au Sénégal. Plus précisément, nous allions soutenir le Groupement de villageois de Pandiénou, principalement composé de femmes, dans leur projet maraîcher. Cette union de Sénégalaises est née d’un désir de renforcer leur souveraineté alimentaire et de faciliter leur accès aux ressources de subsistance.

Avant de partir, j’avais été touchée par le témoignage d’un Sénégalais venu vivre un stage à Montréal, également grâce à Mer et Monde. Il avait confié qu’il avait été bien impatient de venir au Canada, imaginant ce pays comme un paradis terrestre. Toutefois, au bout du compte, sa plus grande découverte au Canada fut les richesses du Sénégal. Car oui, nous avons de grandes richesses, avait-il lancé.

Loin de moi l’idée de dresser un portrait idéalisé de ce pays dont je n’ai connu qu’une infime partie, mais je souhaite à travers cet article vous partager quelques-uns de ses trésors.

D’abord, j’ai été imprégnée de l’importance du vivre ensemble sénégalais. Le fait que la religion ne soit pas source de division en est un exemple frappant. Les musulmans, présents en majorité, et les catholiques vivant dans notre village cohabitent de façon admirable. J’ai été particulièrement bouleversée par une cérémonie funéraire, ponctuée de pleurs et de cris du cœur, qui soulignait la mort d’un jeune catholique de 19 ans. J’y ai vu la solidarité à l’état pur. Tous étaient réunis sous le même toit, celui de l’église, sans égard à leurs croyances. Le village entier était en deuil ce jour-là.

C’est la même chose lorsqu’il s’agit de célébrer la vie. Les mariages et les baptêmes – de même que Pâques et Ramadan! –, où couleurs et rythmes sont au rendez-vous, ont aussi un caractère très rassembleur. Cette bribe m’amène à vous partager la plus belle image que j’ai ramenée avec moi de ce pays : celle de la femme sénégalaise qui danse. Lorsqu’elles dansent, les femmes semblent parfaitement connectées à elles-mêmes et au moment. À travers leurs mouvements, elles s’expriment, elles dévoilent qui elles sont vraiment. Leur grâce et leur aisance arrêtent le temps, tout simplement.

Merci, cher Sénégal, pour tous ces trésors que tu m’as partagés. On se dit à la prochaine fois!

Flavie Gauthier-Chamard

Le groupe de stagiaires, bien vêtues pour la fête de départ. Photo : Flavie Gauthier-Chamard.


Ma mère d’accueil qui danse. Photo : Flavie Gauthier-Chamard.




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