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Connaître et reconnaître les Handicaps Neurologiques Invisibles (HNI) 2 : LA VIOLENCE
par Guylaine Hudon le 2021-11-16

« La violence est inacceptable madame ». Cette phrase, je l’ai entendue et entendue à maintes reprises. Oui, oui, oui, je sais, la violence est inacceptable, ici, ailleurs et partout. Bien que la violence soit inacceptable, une personne qui a un HNI peut être violente même si elle vit dans un milieu sain et non violent. Même si elle comprend la consigne de non-violence, même si elle pratique la non-violence, même si cette personne, dans sa nature, aime et aide les gens, même si de façon raisonnée, elle ne veut pas être violente, etc.

Et, c’est ça qui dérange le plus et qui est très handicapant au sein de la société et de la vie scolaire et communautaire.

La violence est malheureusement un des symptômes des HNI. Elle peut être atténuée par la médication, mais l’explosion peut survenir à tout moment à cause d’un facteur ou d’un autre : obsessions, rigidité, trop de stimuli (auditif, olfactif, visuel), compulsions, tics, imprévus. De plus, les désorganisations des gens avec HNI peuvent dégénérer et faire augmenter la violence par manque de connaissance et de reconnaissance d’un intervenant qui accompagne la personne désorganisée.

Connaître comment accompagner une personne désorganisée est primordial pour sa sécurité et celle des gens qui l’entourent.

· Rester calme

· Donner une consigne à la fois

· Compter jusqu’à vingt dans notre tête pour laisser du temps ou éviter de parler

· Respecter le rythme varié et imprévisible de la personne désorganisée (Le mutisme fait partie des symptômes des HNI)

· Se retirer (car se sentir menacé, coincé, augmente la désorganisation et accentue la violence.)

· Laisser la personne désorganisée s’autoréguler (faire du flapping, se balancer, marquer son espace, produire un son continue, tiquer, s’éloigner...)

· Respecter l’amnésie suite à une dé-sorganisation


Blâmer, punir et reprocher la violence à une personne atteinte d’un HNI n’ai-deront en rien à la calmer, à la recentrer et à retrouver son calme. De plus, demander ce qui s’est passé fait augmenter l’anxiété, fait baisser l’estime de soi, car souvent les personnes en crise de rage ou en désorganisation violente sont amnésiques suite à l’événement.

La violence est inacceptable, mais lorsque ça arrive, il faut savoir lui faire face adéquatement et patiemment. Plus on tente de contrôler le symptôme, plus on risque au contraire de le faire augmenter. La violence n’est pas acceptée, mais lorsqu’elle n’est pas volontaire et qu’elle découle directement du handicap, on doit savoir l’accueillir et l’adoucir.

Dany Fortin




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