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La vie d'une fleur en forêt
par Guylaine Hudon le 2021-05-26

Saviez-vous que les forêts peuvent être très fleuries? En fait, certaines plantes de forêt produisent des fleurs tout aussi spectaculaires que celles retrouvées dans les grands jardins. En revanche, à la différence des plantes ornementales, les espèces forestières sont bien plus éphémères.

Cela est dû au peu de temps qu’elles ont pour accumuler un maximum de lumière et d’énergie avant que les arbres couvrent le ciel de leurs feuilles. En fait, de nombreuses plantes de sous-bois du sud du Québec n’ont que quelques semaines en avril et au début de mai pour sortir du sol, croître, fleurir et produire des graines. Si elles ne réalisent pas leur cycle complet, elles doivent survivre afin d’y parvenir une prochaine année, et ce, pour que leur espèce perdure à long terme.

Certaines plantes y arrivent en un an alors que d’autres auront besoin de cinq à sept ans avant de se reproduire une première fois. Ces dernières sont particulièrement vulnérables à la cueillette. Malgré leur beauté ou parfois leur comestibilité ou leurs propriétés médicinales, cueillir de telles plantes en forêt risque de nuire à la survie de l’espèce.

Avant d’en récolter, il est important d’identifier la plante pour déterminer si la quantité en forêt peut permettre une récolte, pour définir le nombre maximal de tiges à prélever et pour définir la technique de prélèvement à utiliser. Certaines méthodes peuvent causer des blessures importantes alors que d’autres n’affectent pas la viabilité de la plante.

Par exemple, la cueillette de l’ail des bois est légiférée. Chaque personne doit récolter au plus 200 g d’ail, soit environ 50 bulbes. Pour assurer la survie de la plante, les talles doivent contenir un minimum de 1 000 tiges et il ne faut jamais en cueillir plus de 5 %. Il faut éviter de récolter les plus gros plants, car ils assurent la croissance de la population. Enfin, il faut éviter d’abîmer ou de déraciner les tiges environnantes.


Ail des bois. Photo : Association  forestière du sud du Québec.


En cas de doute, s’abstenir de prélever une plante est toujours une bonne solution. D’ailleurs, plusieurs plantes fores-tières sont maintenant en vente chez bon nombre de pépinières. Ces plantes sont produites sans affecter les populations naturelles. Il est donc possible de profi-ter de ces plantes chez soi sans nuire aux plantes fragiles de nos forêts.

Si vous êtes témoin de cueillettes illégales, vous pouvez contacter SOS braconnage en ligne au https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/protection-de-faune/s-o-s-braconnage/ ou par téléphone au 1 800-463-2191.

Pour en savoir plus sur les plantes de sous-bois : www.afsq.org/information-foret/pfnl/


Trille blanche – Espèce désignée vulnérable au Québec. Photo : Association forestière du sud du Québec.


L’Association forestière du sud du Québec (AFSQ) est un organisme sans but lucratif ayant pour mission de promouvoir l’apport bénéfique des res-sources du milieu forestier auprès de la population par l’éducation, la sensibilisation, la concertation et le transfert des connaissances. Nos principales valeurs sont la créativité, le leadership et le développement durable.

Mélanie Bergeron, M.Sc. biol.

Agente de développement

Association forestière du sud du Québec