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Sécurité routière
par Guylaine Hudon le 2021-05-18

La fatigue au volant

La fatigue au volant peut se définir comme l’apparition de somnolence et d’une diminution des performances mentales et physiques du conducteur. Selon les plus récentes statistiques québécoises (2015 à 2019), la fatigue au volant est impliquée dans 21 % des accidents mortels et dans 23 % des accidents avec blessés.

Lorsque les gens sont interrogés sur les causes des accidents de la route, il est plutôt rare que la fatigue au volant soit montrée du doigt. Pourtant, comme les statistiques le démontrent, il s’agit d’un problème de sécurité routière majeur.

La fatigue nuit grandement à la performance de conduite, elle entraîne des erreurs et des accidents bien avant que le conducteur ne cogne des clous. La fatigue du conducteur pourra, par exemple, occasionner une augmentation de son temps de réaction, une diminution de sa vigilance et de sa concentration, une altération de son jugement et de la qualité de sa prise de décision, des oublis et une réduction de son champ de vision. Les effets peuvent être comparables à ceux de l’alcool.

Prévenir la fatigue au volant, la meilleure solution

Il existe plusieurs mythes sur l’efficacité de certaines « solutions » à la fatigue au volant. Certaines mesures n’ont aucun effet notable quand la fatigue est déjà installée chez un conducteur, notamment, baisser la vitre du véhicule, monter le son de la radio et mâcher de la gomme. La fatigue est un état biologique qui ne peut pas être surmonté, compensé ou contrôlé, même avec toute la volonté, toute l’expérience ou toute la motivation d’une personne.

Il est démontré que le manque de sommeil entraîne une dette qui engendre de la fatigue. Cette fatigue ne peut se récupérer que par une ou plusieurs nuits avec un sommeil de qualité.

Il n’y a aucun truc pour contrer la fatigue et le meilleur moyen demeure la prévention. Pour ralentir son apparition lors de la conduite, il faut réduire sa vitesse, éviter la fatigue visuelle comme les lumières trop fortes, prendre des repas légers et s’hydrater, garder l’habitacle frais et bien aéré, éviter les routes monotones, planifier ses déplacements, prévoir des temps d’arrêt, s’arrêter dès les premiers signes de fatigue et prévoir un changement de conducteur.

Apprendre à reconnaître les signes de la fatigue pour prévenir les accidents

Avoir les yeux qui ferment ou qui piquent, bailler souvent, freiner tardivement, toujours changer de position sur son siège, manquer une sortie, ne plus se souvenir des derniers kilomètres parcourus, avoir des hallucinations (comme imaginer un animal sur la route), cesser de regarder dans ses rétroviseurs sont des signes que la fatigue s’est installée lors de la conduite.

Les conducteurs ont tendance à surestimer leur niveau de vigilance et à sous-estimer leur degré de fatigue. Avant de s’endormir au volant, il est nécessaire d’apprendre à reconnaître les signes de la fatigue et de prendre des mesures appropriées afin de diminuer ou d’éliminer les risques.

Une fois la fatigue installée, il existe quelques solutions permettant d’améliorer pour une courte période la vigilance.

La sieste aide à récupérer et à se sentir reposé plus longtemps. Elle ne peut pas remplacer une bonne nuit de sommeil, mais elle accroît les performances générales. Une sieste de 15 à 30 minutes est suffisante pour réduire les effets de la fatigue et poursuivre sa route sur un court trajet. La durée de cette période est variable selon les personnes. Il est important de s’arrêter dans un endroit sécuritaire et autorisé pour effectuer la sieste (il est interdit de s’immobiliser en bordure des routes de 70 km/h et plus excepté en cas d’urgence).

L’ingestion de caféine est démontrée pour avoir un effet stimulant et contrer temporairement les effets de la fatigue en augmentant la vigilance. La caféine n’agit pas toujours de la même manière sur tous; il est donc recommandé de bien connaître les effets de la caféine sur soi avant de s’en servir comme contre-mesure à la fatigue au volant. Dans tous les cas, la caféine ne permet pas d’éliminer la fatigue et elle a un effet de courte durée sur la qualité de la conduite, soit jusqu’à deux heures après l’ingestion.

Rien ne remplacera donc une bonne nuit de sommeil et il est nécessaire d’apprendre à connaître et à respecter ses propres limites.

Alexandre Dombrowski

Conseiller en relation avec le milieu à la SAAQ




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