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Nous allons tous mourir
par Guylaine Hudon le 2015-11-16

Le mercredi 23 septembre la Fondation des services de santé de la MRC de L’Islet recevait deux personnes-ressources oeuvrant à la Maison Michel-Sarrazin, renommée pour l’humanité de ses soins en fin de vie, lors de deux conférences : 

Mme Colette Soulard, infirmière, pour « Mourir à la maison »

« Mourir dans mes choses, dans mon lit, dans ma maison » est souvent un désir profond, mais représente un défi important pour le malade et ses proches. Ces derniers doivent pouvoir dire leurs réticences, pouvoir dire « oui » au début de l’accompagnement et pouvoir dire « non », sans culpabilité, avec l’évolution de la maladie, ou parce qu’ils sont épuisés ou dépassés par ce que cela représente. On ne peut promettre : « qu’on va être  bon de prévoir un plan B accepté par le malade et ses aidants accompagnateurs(trices) en les écoutant, en ciblant avec eux et elles le plus important, en les faisant parler de l’état du malade et de ses besoins, de leurs craintes et de leurs émotions dans la situation, de les rassurer, de les confirmer, de leur faire des suggestions, de leur donner des numéros de téléphone lorsque l’anxiété ou l’insécurité sont trop grandes, de les informer simplement des signes de la fin, de ce qu’ils et elles peuvent faire pour soulager la douleur, l’embarras bronchique, rendre confortable… de différencier ce qui appartient à la famille et ce qui appartient au malade. Quant à l’accompagnement spirituel, il est influencé par le contexte social de notre société devenue pluraliste. En ce début de 21e siècle, la mort est devenue une affaire privée.

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Mme Colette Soulard, infirmière, pour « Mourir à la maison ».              


Gilles Nadeau, prêtre, pour « L’accompagnement spirituel en fin de vie ».

Au Québec, on a peur de la mort et en même temps on voit plein de baby boomers autour de nous qui vieillissent. La fin de vie, c’est devenir de plus en plus pauvre : de son travail, de sa valorisation sociale « je ne sers plus à rien, je suis un poids pour les autres, j’ai besoin des autres pour tout », de ses amitiés « le cercle se rétrécit », de ses certitudes « je ne sais plus quoi dire, je suis mal à l’aise avec ma maladie » et surtout pauvre de son corps. Comme pour un bébé, c’est par les soins au corps qu’on peut dispenser l’amour à la personne chère et qu’on peut ainsi rejoindre le spirituel. Chacun(e) peut inventer sa propre façon de terminer sa vie, par exemple : dire son amour qu’on a parfois tu par pudeur, demander des pardons, renouer avec sa foi, choisir les rites de fin de vie…

Accompagner, c’est aimer, marcher à côté, sur son chemin à lui, à elle. La compassion, c’est entendre la souffrance de l’autre, continuer d’être là quand il n’y a plus rien à faire, parce que nous sommes « vivants jusqu’à la mort »(1) 


M. Gilles Nadeau, prêtre, pour « L’accompagnement spirituel en fin de vie ».


(1)Tanguy Châtel, Vivants jusqu’à la mort, Accompagner la souffrance spirituelle en fin de vie, Éd. Albin Michel, janvier 2013, 272 p.

Fondation des services de santé de la MRC de L’Islet : www.fondationsantelislet.com

Ginette Plante




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