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La Dégelée, attirée par le sud!
par Guylaine Hudon le 2020-04-24

Qui n’a pas entendu parler de La Dégelée? C’est une belle initiative pour nous faire passer la longue période des printemps indécis, du moins de leurs phases de fonte et de regel, jusqu’à la dégelée complète. C’est un festival qui nous offre des bains de musique de différents styles grâce à des artistes talentueux et talentueuses en amour avec leur art. C’était cette année au total deux ateliers et 16 concerts, dont trois soupers-spectacles.

La Dégelée c’est aussi une collaboration étroite entre le Carrefour mondial de l’Accordéon à Montmagny et la Corporation des Arts et de la Culture de L’Islet. Les deux organismes se sont concertés pour présenter un projet mobilisateur dans le cadre du programme FARR du gouvernement québécois, soit le Fonds d’appui au rayonnement des régions. Plusieurs partenaires se sont aussi manifestés dont les deux MRC et les Caisses Desjardins du territoire. C’est pourquoi, la musique a pu « rayonner » dans les deux comtés, du 1er au 31 mars. Cette Dégelée prend la forme d’une tournée des municipalités, dont un certain nombre sont désignées chaque année de façon, après plusieurs éditions, à les avoir toutes atteintes. À sa première édition de l’an dernier, c’est Tourville et Saint-Pamphile qui avaient accueilli la tournée. Cette année, La Dégelée s’est réchauffée au sud à Sainte-Perpétue et Saint-Adalbert, en cette deuxième édition.

Sainte-Perpétue et Saint-Adalbert, zones désignées pour le dégel en musique

À Sainte-Perpétue, c’est le lieu de diffusion culturelle par excellence qu’est la Médiathèque régionale L’Héritage qui a accueilli d’abord un atelier ouvert en percussion et voix le vendredi 6 mars en après-midi, suivi en soirée d’un concert intitulé L’Ange vagabond. Les deux rendez-vous avaient comme hôtes Samuel Ouellet, percussionniste, et Guillaume Girard, auteur-compositeur interprète s’accompagnant à la guitare. Ces prestations furent présentées par Mme Chantal Castonguay de la Corporation Arts et Culture de L’Islet. Autres membres aussi de la corporation, M. Alain St-Pierre accueillait le public et M. Réjean Proulx assurait la technique de son.

Un atelier percutant et défoulant. Photo : Françoise DeMontigny Pelletier.

L’atelier de percussion et voix s’adressait aux jeunes mais les adultes intéressés, un père et une mère autre autres, ont pu s’y joindre. Samuel Ouellet, de Saint-Jean-Port-Joli, assurait la formation en percussion. Ce dernier, plus jeune, a fréquenté deux étés de suite le Camp musical de Saint-Alexandre, puis a étudié en percussions et enfin, s’est même perfectionné en son caraïbe lors d’un séjour à Cuba. Il s’est aussi joint à la Bourrasque celtique. Guillaume Girard interprète son répertoire en chant et avec ses guitares. Lors de cet atelier, ces deux instruments ont rythmé la pratique. Tout d’abord, on a eu droit à une véritable série d’exercices physiques, d’assouplissements musculaires et par la suite vocaux, tous bruits confondus! Efforts et imagination faisaient tandem. Puis Samuel Ouellet et Guillaume Girard ont fait pratiquer la coordination et l’unisson, la voix devenue accompagnement des tambours qui dictaient le rythme et invitaient aux harmoniques. Différents instruments, tels les tambours africains, caraïbes et arabes, djembes et congas, et des crécelles furent prêtés au public participant et accompagnèrent les voix en onomatopées et imitations de bruits d’animaux, maintes fois répétées. Guillaume Girard s’est placé en mode « slam », rappelant la relâche scolaire, l’école en suspens… puis en périodes de silence et d’improvisation.


L’Ange vagabond tout en rythme et émotions. Photo : Françoise DeMontigny Pelletier.

La soirée réservée aux compositions de Guillaume Girard, L’Ange vagabond, fut une démonstration et une application concrète des enseignements de l’atelier précédent. La voix, les percussions et la guitare travaillaient ensemble au tempo bien accordé et à l’unisson. Sa première chanson était dans le ton, Encabané vivant, qui exprime notre dualité de nordique entre cet hiver long qui s’attarde et le confort routinier plus relax d’un printemps qu’on souhaite ne pas voir se terminer.


Raynald Ouellet et Bruno Gendron entourent le jeune virtuose, Alexandre Patry. Photo La Dégelée.

Samedi 7 mars, c’est le Restaurant Ô Sommet des Délices de Saint-Adalbert qui accueillait un souper-spectacle, dans l’ambiance musicale traditionnelle québécoise. L’accent particulier de ce style était celui de l’accordéon diatonique, un instrument incontournable pour cette tradition inspirée aussi de l’héritage celtique. Un trio constitué de deux accordéonistes, Raynald Ouellet, l’aîné, et Alexandre Patry, le jeune virtuose de 14 ans, et le chanteur et guitariste Bruno Gendron, ont fusionné pour présenter un répertoire fringuant et rassembleur. Le jeune accordéoniste, Alexandre Patry, a suscité l’étonnement tellement son interprétation montrait dextérité et maturité.

Leur répertoire folklorique parcourait différents pays comme la France, l’Irlande, l’Écosse et le Québec. Les prestations étaient davantage instrumentales que vocales. Se sont ajoutées des chansons du répertoire québécois traditionnel du début du 20e siècle. Le public amateur de folklore a été bien servi.

Ce trio a, lors de la tournée, offert aussi un atelier à Montmagny, mettant en valeur ce type précis d’accordéon, plus difficile à manipuler mais aux possibilités sonores beaucoup plus variées que les autres types d’accordéon.

Pour qui aura manqué ces évènements, gardez-vous un espace printanier pour la Dégelée de 2021!

Françoise DeMontigny Pelletier







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