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Des risques climatiques à prendre au sérieux!
par Guylaine Hudon le 2019-12-02

La panne d’électricité majeure qui a touché plusieurs régions du Québec dont la nôtre a certainement contribué à faire réaliser à un grand nombre de personnes la vulnérabilité de nos milieux face à des événements climatiques inhabituels et extrêmes. L’épisode a sans doute aussi conscientisé plusieurs d’entre nous à l’importance de se préparer et de s’adapter à ces phénomènes, lesquels seront de plus en plus nombreux à l’avenir.

Le vendredi 1er novembre, les pannes électriques causées par les vents forts ont pris par surprise 6 929 clients sur 12 124 dans la MRC de L’Islet. La panne s’est prolongée jusqu’au lundi pour plusieurs d’entre eux.

Le moteur des changements climatiques

La hausse des températures moyennes est la force motrice qui génère les aléas extrêmes, elle-même causée par l’augmentation exponentielle des gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis le début de l’ère pré-industrielle. C’est donc l’activité humaine qui est à la source du réchauffement planétaire.[1]

Les facteurs de risque : qu’est-ce qui nous affecte?

L’analyse des vulnérabilités faite par le Groupe Carbone (voir le précédent article) a permis de lister l’ensemble des risques auxquels L’Islet est exposée et d’estimer l’importance de leurs impacts. Cette analyse est basée sur des facteurs de risques reconnus :

 

Température

  • Épisode de chaleur intense plus long, hausse des températures moyennes, hausse de la teneur en CO;

  • Augmentation : de l’humidité de l’air, du nombre d’épisode de pluie intense, du nombre de périodes de sécheresse, de l’utilisation de pesticides et de fertilisants, de la fréquence des redoux.

    Intégrité du sol

  • Augmentation : de l’érosion des rives et du sol, des glissements de terrain / éboulements, de la prévalence entre pluie intense et période de sécheresse.

    Événements extrêmes

  • Augmentation : de la fréquence des tempêtes post tropicales et microrafales, des impacts de foudre, de la fréquence des épisodes de grêle à gros grêlons, des épisodes de pluie verglaçante.

    Les risques identifiés pour L’Islet

    Certains risques vont toucher tout le territoire et d’autres seront plus localisés. Voici les risques par niveau de gravité décroissant, en retenant les plus importants.

    Risques sur les aspects sociaux (niveau de gravité*)

    Augmentation du nombre de jours susceptibles de provoquer des inconforts, des blessures physiques, la mort et d’augmenter la morbidité des travailleurs à l’extérieur (65) – Qualité de l’eau sous les normes gouvernementales (41) – Glissements de terrain/éboulements (33) – Déplacement sécuritaire limité des individus (31) – Augmentation du nombre d’accidents et de maladies en raison de l’utilisation de pesticides et fertilisants (28) – Coupures de courant (27) – Coupure des télécommunications (27) – etc.

    Risques sur les aspects économiques (niveau de gravité*)

    Diminution du rendement des cultures (103) – Augmentation de l’entretien des infrastructures publiques, émondage et inspection (bâtiments et rives) (72) – Dommage aux structures bâtiments de valeur patrimoniale (69) – Augmentation de la fréquence et de l’intensité des inondations (52) – Perte de valeur de l’environnement bâti (38) – Érosion de la rive du fleuve (35) – Inondation en raison de la formation d’embâcles (27) – etc.

    Risques sur l’environnement naturel (niveau de gravité*)

    Diminution de la biodiversité végétale/dommage (92) – Contamination des cours d’eau (81) – Accélération de l’érosion des rives (54) – Perte de territoire du sanctuaire d’oiseaux migrateurs (46) – Rétrécissement de la superficie de la zone humide (36).

    Si tout cela peut paraître abstrait d’un premier coup d’œil, être soumis à ces aléas pourrait être traumatisant et nous causer beaucoup de soucis dans un proche avenir. Aussi, le plan d’adaptation adopté par la municipalité en 2019 prévoit des mesures pour réduire la vulnérabilité du milieu vis-à-vis plusieurs de ces risques. Ce plan sera progressivement mis en œuvre et interpelle plusieurs acteurs du milieu : la municipalité, la MRC et la population. À lire dans nos prochains articles!

    Comité consultatif en environnement de la municipalité de L’Islet

    * Le niveau de gravité est déterminé selon la probabilité d’occurrence et la gravité des aléas, pour chacun des facteurs de risques reconnus.


Capture d’écran sur les pannes survenues le 1er novembre 2019. Image fournie par Anne-Marie Berthiaume.






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