Menu principal

Chronique Architecture et Patrimoine
par Guylaine Hudon le 2019-11-21

Les revêtements de couverture : protection cruciale contre les intempéries

Le mois dernier, les revêtements muraux ont été décrits en long et en large. Cette fois, on répète le processus, mais pour les revêtements de couverture. Le rôle est le même que pour les murs : offrir une barrière avec le milieu extérieur et ses variations de température, ses précipitations, ses vents, etc. En plus, une toiture en bon état protège la structure de la maison, presque toujours en bois, de la dégradation par l’eau. L’architecture traditionnelle ne laisse pas la tâche facile lorsque vient le temps de recouvrir la toiture : la présence de petites lucarnes, d’une mansarde ou bien souvent d’une courbure dans la pente du toit rendent le travail plus délicat.

Bardeau de cèdre

Le revêtement de toiture le plus ancien est le bardeau de cèdre, bois abondant et facile à fendre. Ce bois est aussi résistant à la pourriture, une excellente qualité pour recouvrir la surface de la maison la plus exposée à l’eau. Pour assurer une protection optimale, il faut réaliser un travail minutieux sur chacun des bardeaux : les côtés doivent être refendus de manière à être parfaitement parallèles et l’arête inférieure doit aussi être droite pour garantir une belle finition esthétique. Le bardeau a été utilisé à toutes les époques et dans tous les types de maisons en raison de son accessibilité. Encore aujourd’hui, ce dernier est un matériau de choix.

Tôle canadienne, à baguette et pincée

Le second type de revêtement le plus commun est bien évidemment la tôle. Ce matériau est disponible en feuilles de fer blanc (acier doux recouvert d’étain) ou d’acier galvanisé (acier recouvert de zinc).

Dans l’architecture traditionnelle, les feuilles de tôle ont été installées selon trois différents motifs. D’abord, la tôle canadienne se compose de petites plaques installées en diagonale sur la toiture, de façon à créer un motif en écailles de poisson. L’installation est facile et ne laisse aucun clou apparent, laissant une belle finition et offrant une protection accrue contre l’eau. Ce procédé est le plus ancien des trois et est exclusif au Québec.

Les deux autres procédés ont une finition semblable à première vue, mais sont relativement différents l’un et l’autre. Les deux se composent de longues feuilles de tôle disposées dans le même sens que la pente du toit. La distinction entre les deux se situe au niveau du joint entre les feuilles. Pour la tôle à baguette, de longues baguettes de bois sont d’abord installées de bas en haut du toit à l’emplacement des joints. Les côtés des deux feuilles peuvent ensuite être relevés et rabattus sur ces baguettes pour les souder ou les relier, de façon à créer un joint étanche. La façon de faire le joint et la forme de la baguette relèvent du couvreur. Pour la tôle pincée, la méthode est simplifiée : les deux feuilles sont simplement pincées ensemble, formant un joint relevé facile à souder et à étanchéifier. Ce dernier prend la forme d’une longue nervure de haut en bas de la toiture.

Le mois prochain, on s’intéressera à une portion à la fois pratique et esthétique : la galerie.

Tristan Morin

La sacristie de l’église de Notre-Dame-de-Bonsecours est recouverte de tôle canadienne, formant un motif en écailles. Photo : Tristan Morin.


La tôle à baguettes recouvre le toit de l’église Notre-Dame-de-Bonsecours. Elle peut être distinguée de la tôle pincée par la largeur des joints. Photo : Tristan Morin.





Espace publicitaire