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250e Église Notre-Dame de Bonsecours
par Guylaine Hudon le 2018-12-05

Faits cocasses et anecdotes

Pour la dernière chronique, on traitera des faits intéressants et des anecdotes entourant l’histoire de l’église Notre-Dame-de-Bonsecours.

Fenêtre emmurée

En passant par le chemin des Pionniers, on remarque une fenêtre sur le mur de l’abside du chœur, laquelle fenêtre donne sur un mur. À l’intérieur, il n’y a aucune trace de son existence. Pourquoi est-elle là? L’explication est simple. De 1768 à 1799, l’église ne possède pas de sacristie, c’est l’espace derrière le retable et le maître-autel qui fait office de sacristie. Pour éclairer la petite pièce, il devait forcément y avoir une fenêtre. À la construction de la sacristie, n’étant plus nécessaire, elle fut bouchée et on la conserve jusqu’à aujourd’hui.

L’incendie

La légende veut que l’église ait survécu depuis 1768 sans aucun incendie. En vérité, c’est faux. Le 19 octobre 1899, le système de chauffage au charbon installé au sous-sol de la chapelle de la Congrégation un an plus tôt fait défaut. Le plancher de la chapelle brûle, mais est rapidement éteint par les pensionnaires du collège voisin et les frères enseignants qui ont remarqué le feu. Heureusement, ce n’est qu’une partie du plancher qui est détruite, le brasier ne s’est jamais propagé à d’autres parties du bâtiment.

Le stationnement devant l’église

Le stationnement devant l’église a longtemps été source de conflits. Le terrain est concédé à la fabrique par le seigneur Bélanger, puis légué à un de ces descendants en 1743 pour y construire un moulin à vent. Le curé Panet achète en 1813 des actions dans ce moulin, ce qui lui permet d’affirmer la propriété de la fabrique sur le terrain. Or, Bénoni Aubut et Jean-Olivier Leclerc, beaux-frères, possèdent chacun une maison sur ce terrain et affirment eux aussi leur droit de propriété. Les deux parties entament des poursuites judiciaires jusqu’en 1861, année où la fabrique rachète officiellement le terrain après la mort des trois protagonistes (Leclerc, Aubut et Panet). En 2015, le terrain est encore source de problèmes, puisqu’on découvre que le terrain est propriété de l’école primaire, ce que la fabrique ignorait. Le tout a été réglé à l’amiable.

Confessionnal des sourds

Il existe dans la sacristie une salle connue sous le nom de confessionnal des sourds. Son appellation réside dans le fait que cette pièce a été érigée en saillie de la sacristie afin d’y installer un confessionnal pour les personnes malentendantes ou âgées. De cette façon, le prêtre pouvait y recevoir les confessions dans le secret sans que les gens dans la sacristie entendent!

Seigneur McCallum

En 1796, la seigneurie Bonsecours est vendue au marchand James McCallum. Il reçut alors le privilège de posséder un banc gratuit dans l’église. Problème : McCallum est protestant. Ce dernier renonça donc à son banc et le revendit. Cette vente rendit furieux certains paroissiens qui ont envoyé une pétition à l’évêque demandant de ne plus le reconnaître comme seigneur. L’évêque fit le compromis suivant : McCallum doit rembourser sa vente pour retrouver son banc, il peut assister aux célébrations sans communier et sans faire l’aspersion de l’eau bénite. L’histoire ne dit pas s’il a effectivement utilisé son banc seigneurial.

Tristan Morin


La fenêtre emmurée du chœur. Photo : Tristan Morin


Plan montrant les maisons d’Aubut et Leclerc, en plus du moulin à vent devant l’église. Collection Fabrique Notre-Dame-de-Bonsecours.





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