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250e de l’église Notre-Dame de Bonsecours
par Guylaine Hudon le 2018-05-18

Les tableaux

Dans la chronique de ce mois-ci, il sera question des tableaux exposés dans l’église. On parlera également de leurs artistes.

Toile du retable

L’imposante toile du retable, en haut du maître-autel, se nomme L’Annonciation. Cette dernière fut peinte par l’abbé Jean-Antoine Aide-Créquy, curé de Baie-Saint-Paul, en 1776. C’est la première pièce qui a été achetée pour décorer l’église actuelle après sa construction. Elle a d’ailleurs été restaurée par le Centre de conservation du Québec en 2001.

La toile est en fait une copie d’une toile homonyme du peintre français Charles de la Fosse. Aide-Créquy, ayant sûrement accès à une image de cette toile, s’en est servi pour créer son œuvre.

Jean-Antoine Aide-Créquy était d’abord prêtre responsable de la cure de Baie-Saint-Paul, mais aussi peintre pour les églises. Ce dernier était reconnu comme un homme simple dans sa communauté. En raison d’une santé fragile, il meurt à 31 ans, ce qui laisse derrière lui une faible production artistique.

Toiles des autels latéraux

De chaque côté du chœur, au-dessus des autels latéraux se retrouvent deux toiles de Louis Dulongpré exécutées en 1806. Celle de gauche est nommée Le Sacré-Cœur, celle de droite Saint Jacques le mineur. Celle représentant l’apôtre a été restaurée tout comme la toile du retable.

Louis Dulongpré était un français qui a servi comme soldat dans la guerre d’Indépendance américaine avant d’immigrer dans la province de Québec. À Montréal, il ouvre plusieurs écoles artistiques enseignant notamment la danse et le dessin. Comme peintre, il produit des toiles pour les églises, mais c’est surtout sa production de portraits qui retient l’attention : il en aurait peint environ 3 000.

Toiles des murs de la nef

Sur les murs de la nef, entre le chœur et le jubé se trouvent six toiles d’Antoine Plamondon peintes entre 1871 et 1872. Cependant, elles ont été achetées en 1922 pour être installées dans la chapelle de la Congrégation en raison des jubés latéraux qui obstruaient les murs de la nef. Après la démolition de ces galeries dans les années 1970, les toiles ont été déplacées dans l’église.

Comme ce fut fait pour la toile du retable, Plamondon a reproduit des toiles européennes. En voici la liste, avec entre parenthèses le nom de l’artiste original duquel Plamondon s’est inspiré : Saint Louis (Charles Le Brun), Le Christ en Croix (Pierre-Paul Prud’hon), Le Christ mort (Inconnu), L’Immaculée-Conception (Bartolomé Estéban Murillo), La Vierge des Douleurs (Inconnu) et La Grande Sainte Famille de François 1er (Raphaël).

Antoine Plamondon était un peintre célèbre de Neuville. Beaucoup d’églises lui commandent des œuvres tout au long de sa carrière. En plus de peindre, il écrit dans les journaux pour critiquer l’art et les artistes de son époque. D’un caractère particulier, il ne s’était jamais marié.

Le mois prochain, on s’intéressera aux sculptures du chœur de l’église.

Tristan Morin

L’annonciation (1776). Photo : Tristan Morin.




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